Pour les droits des femmes saparas et la lutte contre les violences de genre en Amazonie Équatorienne

Dans le cadre d'un programme de promotion des droits des femmes saparas de l'Amazonie équatorienne et de lutte contre les violences de genre, ce projet vise d'une part à former des femmes saparas au recueil d'information sur les violences sexistes et sexuelles et la participation des femmes à la gouvernance politique et à la mise en oeuvre d'un diagnostic sur l'ensemble du territoire sapara. Ce projet est porté par et pour des femmes saparas dans le but de respecter la cosmogonie ancestrale et d'intégrer pleinement l'ensemble des communautés impliquées.

Contexte

Le peuple autochtone sapara compte aujourd'hui moins de 600 personnes vivant dans la région de Pastaza, au cœur de l'Amazonie équatorienne. Il est l'un des peuples les plus vulnérables du pays, historiquement marqué par la colonisation et l'exploitation brutale de son territoire au fil des siècles. Des exploitants de caoutchouc du XIXe siècle aux compagnies pétrolières du XXe, les violences, l'esclavage et le saccage de leurs terres ont profondément bouleversé l'équilibre culturel des Saparas. 

La culture sapara, transmise par voie orale, se trouve aujourd'hui en danger d'extinction, malgré son inscription au Patrimoine immatériel de l'Humanité de l'UNESCO en 2001. Seule une personne parle encore la langue. Face à ces réalités, le peuple sapara résiste depuis toujours, avec force et détermination, pour défendre son territoire, ses droits et sa culture. Alors que leur territoire continue d'attiser l'intérêt de grandes entreprises extractives, les Saparas luttent pour le respect de leur droit à l'autodétermination et la défense de leurs terres.

Des violences systémiques envers les femmes
Les femmes saparas sont en première ligne de cette résistance écologique et culturelle. Pourtant, elles sont aussi les premières victimes d'un système profondément patriarcal, amplifié par l'isolement géographique, la marginalisation historique et les conflits internes exacerbés par la pression de ces industries extractives.

En Équateur, 7 femmes autochtones sur 10 subissent des violences de genre. Ces chiffres sont encore plus élevés dans les zones amazoniennes où les structures de protection sont quasi inexistantes. Les communautés saparas ne sont pas épargnées : violences sexuelles, inceste, sexisme politique, notamment envers les femmes engagées, sont largement documentés. Exemple frappant : Nema Grefa, première femme élue à la tête du Conseil de gouvernance sapara (NASE), a subi menaces et agressions, particulièrement à partir du moment où elle s'est positionnée contre l'exploitation pétrolière.

Une initiative par et pour les femmes saparas 
Une réponse collective et ancrée  
Face à ce constat, les femmes du peuple autochtone sapara, ont fondé en 2022 la Fundación Itiumu Sapara, structure communautaire dédiée à la santé féminine, à la prévention des violences et à la transmission des savoirs ancestraux autour du soin. Cette organisation est pilotée par Maria Ushigua – leadeuse et guérisseuse- et est à l'initiative de ce projet. Elle entend ainsi répondre aux enjeux actuels : protéger les femmes saparas, les outiller pour qu'elles puissent elles-mêmes, à partir de leurs savoirs et de leurs expériences, mener ce combat à la fois social, politique et culturel contre les violences de genre. Cela suppose de créer des pratiques de prévention et protection en partant des réalités de terrain et en respectant les formes d'organisation propres aux communautés saparas. 

 

Partenaires locaux

– Collectif de femmes Yarishaya Itiumu Sapara

– ONG Quipa (partenaire de Guayusa)

– Nacionalidad Sapara del Ecuador (autorité autochtone sapara)

– Fondation Shungo (structure d’accompagnement du projet )

Objectifs du projet

Les objectifs  
Former, enquêter et agir contre les violences
Cette initiative prévoit de former une vingtaine de femmes saparas à la collecte d'informations et à la sensibilisation communautaire. Ces promotrices des droits mèneront ensuite un diagnostic qualitatif et quantitatif sur l'état des violences et la place des femmes dans la gouvernance des différentes communautés. 

Cette enquête, réalisée dans les 26 communautés saparas, nourrira ensuite un plan d'action politique, co-construit et reconnu par la NASE (Nacionalidad Sapara del Ecuador), autorité de gouvernance autochtone, reconnue par l'État équatorien. L'objectif est ainsi de faire approuver un programme et des pratiques de prévention des violences et d'émancipation des femmes par les instances politiques saparas, pour qu'il devienne une référence légale et durable. Des actions de sensibilisation et des ateliers d'éducation populaire seront ainsi menés pour que chacun·e puisse s’emparer de ces enjeux et des solutions apportées.

Au delà, construire des bases d'émancipation collective 
Ce projet ne se limite pas à la lutte contre les violences. Il participe à une dynamique d'émancipation sociale, culturelle, écologique et politique du territoire et de ses habitant·es. Dans la culture sapara, les femmes jouent un rôle essentiel : elles transmettent les savoirs, assurent l'autonomie alimentaire, et sont les piliers de la cohésion communautaire. Protéger les femmes, c'est donc protéger un système entier de savoirs et de résilience. Comme le dit Maria Ushigua : « Comment défendre la forêt si nous ne nous sentons pas bien dans nos corps et dans nos cœurs ? ». 

Cette initiative constitue ainsi la première étape d'un projet plus vaste, celui d'écrire une loi sapara qui pérennise ces avancées majeures pour les droits des femmes et la lutte contre les violences. Grâce à la formation de promotrices locales, à l'appropriation par les communautés de ces pratiques, et à l'ancrage politique au sein de la NASE, cette initiative est conçue pour se poursuivre et se renforcer dans le temps. Une première en Amazonie équatorienne. Elle pourrait à terme être répliquée dans d'autres territoires autochtones, en Équateur ou ailleurs, comme modèle de transformation sociale portée depuis les communautés.

 

 

Activités

– Formation de promotrices de droits 

– Réalisation d’un diagnostic territorial et analyse 

– Ecriture d’un loi en faveur des droits des femmes saparas 

– Construction et mise en place d’un programme de soin et de prévention aux violences de genre 

Résultats

– Quantification des VSS sur le territoire sapara 

– Mise en place de normes réglementaires de protection des femmes et des filles 

– Meilleur prise en charge des victimes 

– Mise en place d’un programme d’autonomisation des femmes 

Projet En cours

Date de début : mars 2025

Date de fin : mars 2027

Pays d’intervention : Equateur
Localité : Territoire Sapara, Amazonie équatorienne
Secteur(s) d'intervention : Action sociale, Égalité H-F

Objectif(s) de Développement Durable

Financeur(s) régional(aux) : Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, Région Bretagne
Autre(s) financeur(s) : Fondation Agir sa vie, Fondations USA

TÉLÉCHARGER LA FICHE DU PROJET

Guayusa

235 La Hazais, 35410 Châteaugiron

Représentant : Mme Agathe Neveu (Membre du conseil collégial)

Association qui vise à relayer, soutenir et sensibiliser aux luttes des peuples autochtones d'Amazonie équatorienne.

Site Web

Réseau Bretagne Solidaire

Créé le 16 novembre 2018, sous statut d'association Loi 1901, le Réseau Bretagne Solidaire (RBS) est le 12ème réseau régional multi-acteurs (RRMA) au service des acteurs bretons engagés dans des projets de coopération et de solidarité internationales. Sa vocation ? Accompagner les acteurs associatifs, publics, économiques et institutionnels dans leur politique de coopération internationale et leurs projets de solidarité internationale, en favorisant les échanges, le travail collaboratif, le renforcement des compétences et la valorisation des initiatives.

Informations pratiques

Espace Anne de Bretagne
15 rue Martenot
35000 Rennes

Contact :

contact@bretagne-solidaire.bzh

Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères
Région Bretagne
FONJEP
CRID
Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Soc
				iale
Agence française pour le développement