Les débouchés professionnels

Une enquête réalisée par IPSOS pour le CLONG Volontariat (Comité de Liaison des ONG) a permis de brosser le portrait robot du volontaire de la solidarité internationale : jeune (entre 25 et 34 ans) et très diplômé (73 % des volontaires possèdent au moins un Bac+3 et 39 % sont issus d'une grande école ou d'un master). Plus sensible que le reste de la population aux problématiques citoyennes, il est souvent engagé dans un mouvement associatif, religieux, politique ou syndical avant sa première mission. Mais il ne suffit pas d'avoir un grand cœur et une forte motivation pour être sélectionné : il faut avoir une compétence à faire valoir.

Médecins et infirmiers en tête

Côté compétences, les besoins varient selon les associations et la nature des missions (urgence ou de développement). “Les profils médicaux, notamment les médecins et infirmiers, sont les plus recherchés“, indique Éric Gazeau, ancien humanitaire et directeur de l'association Résonances humanitaires qui accompagne le retour à la vie “ordinaire” des expatriés du secteur. Viennent ensuite les logisticiens qui représentent par exemple un quart des départs chez Action contre la faim et Médecins sans frontières. “Ce sont généralement des personnes polyvalentes avec un sens pratique développé”, note Éric Gazeau. Les associations recrutent également des généralistes issus d'écoles de commerce ou de Sciences po pour faire de la coordination sur le terrain, gérer les projets de A à Z et encadrer les équipes. Enfin, elles recherchent des experts, ingénieurs agronomes et hydrauliciens en particulier, capables d'apporter une expertise dans les missions de développement. “Les ONG exigent de plus en plus une expérience professionnelle d'au moins deux ans avant d'envoyer quelqu'un en mission. Il n'y a pas de raison pour qu'un jeune diplômé inexpérimenté pique le travail d'un professionnel local“, prévient Éric Gazeau.

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L’implication auprès de l’un ou l’autre des acteurs n’est pas anodine et en amont de toute recherche d’emploi ou de stage il convient de se poser un certain nombre de question sur ses engagements professionnels :
• le montant de la rémunération
• le militantisme/engagement possible
• l’autonomie dans l’emploi
• les conditions matérielles de travail 
• la souplesse du temps de travail
• le degré d’initiative
• la sécurité de l’emploi
• le travail en équipe
• les perspectives d’évolution
• la localisation géographique de l’emploi
• le type de travail : manuel, technique, intellectuel, au siège, sur le terrain, etc.

Un statut précaire

C'est le statut de volontaire qui est le plus souvent proposé aux “partants”. Il permet de bénéficier d'une formation avant le départ, d'une couverture sociale et d'une prise en charge des frais pendant la mission. La rémunération, par contre, est relativement faible (150 à 800 € par mois) et n'inclut pas de cotisation chômage. “Nous nous battons pour qu'au-delà de deux ans de mission, les humanitaires puissent devenir salariés, ce qui leur éviterait d'être déclassés au retour et de ne pouvoir compter que sur le RMI“, indique Éric Gazeau. Pour l'heure, les ONG emploient un nombre très réduit de salariés : chez Médecins du monde par exemple, ils ne sont que 243, dont seulement 24 sur le terrain. Ces postes concernent essentiellement des métiers du siège et sont souvent réservés à des humanitaires expérimentés qui ont choisi de revenir en France après de longues années passées en mission.

La solidarité internationale n’est plus seulement médicale mais s’est largement ouverte à des domaines variés comme l’éducation, la formation professionnelle, l’économie, le droit, les sciences humaines, la logistique, l’eau, l’agronomie, le développement durable, la gestion des ressources humaines, la communication, le lobbying politique, la recherche de financement, l’évaluation, etc.

Dans tous les cas les recruteurs demandent le plus souvent une expertise, de posséder le permis de conduire et de maîtriser parfaitement l’anglais plus l’espagnol si possible.

Les actions de solidarité internationale et donc les postes associés peuvent être de trois ordres : des réponses à l’urgence, des projets de développement ou des actions de plaidoyer.

Dans le premier cas, seules les ASI spécialisées dans le champ médical, de gestion des camps de réfugiés et de gestion des conflits interviennent, les autres acteurs s’ils interviennent ne le faisant que via un déblocage de fonds.

L’ensemble des acteurs de la coopération internationale mène des projets de développement et à ce titre recrute des collaborateurs présents sur le terrain et d’autres au siège. Dans ce dernier cas, les postes recherchés sont des postes administratifs comme dans toute structure : relation avec les partenaires, avec les bailleurs de fonds, gestion financière, administrative, communication, etc. Au siège toujours, les responsables programmes (1 par région géographique ou par thématique selon l’organisation) sont en lien avec le terrain et s’y rendent régulièrement pour des missions de courte durée. Les postes salariés sur le terrain restent minoritaires. Les secteurs de la santé, de la logistique (organisation des transports, des moyens radio, distribution et fonctionnement du matériel, approvisionnement en vivre, organisation des chantiers, fourniture des matériaux) et les postes de coordinateurs (direction des opérations et gestion des équipes, définition de la stratégie, négociation avec les autorités, recrutement du personnel) et d’administrateurs (gestion des finances, négociation avec les bailleurs de fonds, dédouanement des marchandises) sont les plus porteurs. 

Les actions de plaidoyer sont des actions militantes menées majoritairement par les ASI et qui nécessitent du personnel au siège : actions de lobbying politique, de sensibilisation du grand public, de formation des acteurs, ces actions relèvent de l'Éducation à la Solidarité Internationale. Des compétences sont demandées en termes de pédagogie, de communication et d’animation.

Réseau Bretagne Solidaire

Créé le 16 novembre 2018, sous statut d'association Loi 1901, le Réseau Bretagne Solidaire (RBS) est le 12ème réseau régional multi-acteurs (RRMA) au service des acteurs bretons engagés dans des projets de coopération internationale et de solidarité. Sa vocation ? Accompagner les acteurs associatifs, publics, économiques et institutionnels dans leur politique de coopération internationale et leurs projets de solidarité internationale, en favorisant les échanges, le travail collaboratif, le renforcement des compétences et la valorisation des initiatives.

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